PRIX :
Le Sang des bêtes (1949) — documentaire de Georges Franju consacré aux abattoirs de Paris.
Entrevues d'archives avec Georges Franju portant sur le cinéma d'horreur, son approche cinématographique et la réalisation du Sang des bêtes.
Extraits de Les Grands-Pères du crime (1985), documentaire consacré aux écrivains et scénaristes Pierre Boileau et Thomas Narcejac.
Galerie de photographies rares du tournage et de matériel promotionnel.
Bandes-annonces.
Livret comprenant des essais de l'écrivain Patrick McGrath et de l'historien du cinéma David Kalat.
Le professeur Génessier est un chirurgien renommé qui vit dans une propriété isolée aux environs de Paris. Depuis qu'un terrible accident de voiture a défiguré sa fille Christiane, il est obsédé par l'idée de lui rendre son visage. Officiellement, la jeune femme est morte. En réalité, elle demeure recluse dans la demeure familiale, dissimulant ses blessures derrière un masque blanc qui lui donne une apparence étrangement immobile.
Avec la complicité de Louise, son assistante entièrement dévouée, Génessier entreprend des expériences chirurgicales clandestines. Convaincu que la science peut accomplir l'impossible, il cherche à prélever la peau du visage de jeunes femmes afin de la greffer sur celui de sa fille. Ses recherches prennent rapidement une tournure inquiétante, tandis que plusieurs disparitions attirent l'attention de la police.
Prisonnière de l'amour possessif de son père, Christiane observe avec une horreur grandissante les sacrifices commis en son nom. Entre espoir de retrouver son apparence et désir de liberté, elle se retrouve au cœur d'un cauchemar où les frontières entre dévouement, culpabilité et monstruosité deviennent de plus en plus incertaines.
D'après l'œuvre de : Jean Redon
Musique : Maurice Jarre
Direction de la photographie : Eugen Schüfftan
Réalisé par Georges Franju, Les Yeux sans visage occupe une place singulière dans l'histoire du cinéma fantastique français. Adapté d'un roman de Jean Redon, le film associe les codes du cinéma d'horreur à une sensibilité poétique proche du surréalisme. Franju, qui avait auparavant réalisé le documentaire Le Sang des bêtes, retrouve ici son intérêt pour les contrastes troublants entre beauté visuelle et violence physique.
L'interprétation d'Édith Scob, dont le personnage porte un masque blanc presque dépourvu d'expression, contribue largement à l'atmosphère inquiétante du film. Pierre Brasseur incarne un scientifique dont l'amour paternel se transforme en obsession destructrice, tandis qu'Alida Valli apporte une présence mystérieuse au personnage de Louise. La photographie en noir et blanc d'Eugen Schüfftan et la musique de Maurice Jarre renforcent le caractère à la fois clinique et onirique de l'œuvre.
Lors de sa sortie, certaines scènes chirurgicales provoquent de vives réactions. Le film acquiert néanmoins progressivement une réputation internationale et devient une référence majeure du cinéma d'horreur psychologique. Son influence se retrouve notamment dans les œuvres de cinéastes fascinés par les thèmes de l'identité, de la transformation corporelle et de la beauté monstrueuse. Cette édition Criterion de 2004 permet de redécouvrir le film dans une présentation restaurée, accompagnée de documents qui éclairent le parcours artistique de Franju.




